Cet article est une réaction à un épisode récent d'un podcast semi-privé, dont le thème est la consommation de la viande et les questions éthiques que cette consommation implique. Les deux auteurs de ce podcast ne sont pas (encore) végétariens.

Le point de départ de la discussion est qu'il est immoral de manger de la viande, principalement à cause de la souffrance animale que la production de la viande entraîne. Cela aurait pu être la conclusion de l'épisode, mais je trouve encourageant qu'il s'agisse au contraire uniquement d'une introduction et que la majeure partie de la discussion tourne autour des implications de ce constat.

Globalement, j'ai trouvé cet épisode rafraîchissant. Comme je suis végétarien depuis 1997, le végétarisme est pour moi quelque chose de naturel, même s'il est une source de questionnement permanent, et j'ai plutôt l'habitude de lire et d'écouter d'autres végétariens ou végétaliens discuter de leurs problèmes.

Ma première réaction est la réalisation que je n'avais pas autant intellectualisé ma démarche il y a 18 ans. C'est à la fois positif, car cela m'a probablement permis de faire le pas plus facilement, et négatif, car certaines questions ne me sont venues à l'esprit que bien plus tard et j'ai par conséquent le sentiment d'avoir un peu perdu mon temps, en quelque sorte. J'aurais pu faire plus, plus tôt.

Ma deuxième réaction générale est que le conséquentialisme a ses limites. Lorsqu'on commence à se demander si la souffrance qui correspond au quart d'un oeuf est supérieure ou inférieure à la souffrance d'un groupe d'amis non-végétariens qui doit changer de restaurant parce qu'un premier restaurant ne propose pas de plat végétarien (ou végétalien), c'est qu'il est probablement temps de devenir un peu plus pragmatique (un vilain mot que je n'utilise que lorsque j'y suis contraint par les circonstances).

Les points sur lesquels je suis d’accord :



 Les points sur lesquels je ne suis pas d'accord ou qui demandent des précisions :



J'aimerais encore revenir sur un point, celui du tabou de la question "Pourquoi es-tu végétarien ?" Dans mon cas, il ne s'agit absolument pas d'un tabou, mais il est vrai qu'après toutes ces années, je trouve encore cette question difficile, pour plusieurs raisons :


Je conclurai en disant que le végétarisme et le végétalisme, c'est comme les mathématiques. On peut se perdre dans les méandres d'une éthique conséquentialiste et se demander quel est le coût (au sens utilitariste du terme) de chacun des aliments que l'on consomme, comparer une souffrance d'une minute d'asphyxie de poisson avec celle de trois amis changeant quatre fois de restaurant, mais, au bout du compte, il devient plus élégant d'effectuer une généralisation et d'arriver à une équation simple. Ne pas manger du tout de viande est donc pour moi la voie à privilégier sur le long terme, même si le fait d'en manger une fois par année ne ferait, au bout du compte, quasiment aucune différence.