Je me suis mis à la méditation il y a trois ans, en janvier 2013. Depuis, j'ai médité 425 fois, durant 138 heures au total, soit presque six jours en continu, ce qui semble à la fois énorme et dérisoire (seulement six jours de méditation sur une période de plus de 1100 jours ?).

J'utilise toujours l'application de méditation guidée Headspace. J'ai depuis terminé le programme initial de 365 jours et suis passé à la "version 2" de l'application, qui consiste en un ensemble de paquets de sessions thématiques (stress, sommeil, créativité, générosité, etc.). Il s'agit d'une approche plus personnalisée, en quelque sorte.

J'aurais pu passer à une pratique de la méditation complètement silencieuse, en utilisant un simple timer. Je suis probablement suffisamment "formé" pour cela. Mais j'ai tout de même ressenti le besoin de continuer la formule que propose Headspace, pour plusieurs raisons.

D'abord, Headspace présente plusieurs types de sessions, certaines mettant l'accent sur la respiration, d'autres sur des exercices de visualisation (de soi, d'autres personnes, etc.). Il me semble utile de répéter toutes ces formes de méditation, jusqu'à ce que je les aie vraiment assimilées. Et, pour cela, il me paraît nécessaire d'y consacrer encore du temps, potentiellement plusieurs années.

Ensuite, comme je me suis jusqu'à présent peu intéressé à l'aspect théorique de la méditation (origines, motivations, études scientifiques, etc.), j'apprécie le côté pédagogique de Headspace. Avant et après chaque session, Andy Puddicombe, la "voix" de Headspace, donne un contexte plus global à cette activité. Il propose des exercices à réaliser durant la journée, comme celui qui consiste à prendre régulièrement conscience de nos mouvements ou de nos changements de position. Il met également en évidence les liens entre la pratique de la méditation et une certaine philosophie de vie (développement de la compassion, etc.). Tout cela me manquerait pour l'instant beaucoup si je décidais de m'en passer.

En résumé, je suis donc encore très enthousiasmé par la méditation. Difficile de dire pour combien de temps. Je ne peux pas exclure que je m'en lasse dans une année ou deux, car la question de l'utilité d'une telle pratique se pose fréquemment. J'en discutais encore récemment sur Twitter.

La méditation est-elle un pur placebo ? Je ne suis pas certain que cela ait un sens, puisqu'il n'y a pas véritablement d'intervention externe (traitement, opération, etc.). Ce qui me paraît certain, c'est que je suis souvent très détendu après avoir médité durant vingt minutes. C'est un effet positif indéniable.

Avec le temps, j'ai aussi de plus en plus l'impression de pouvoir "me souvenir" de l'état dans lequel je suis après avoir médité, tout au long de la journée, ce qui me permet de me calmer plus facilement. Comme si je développais une forme de réflexe.

Méditer, c'est aussi, comme je l'ai dit, une philosophie de vie. Pour simplifier, c'est apprendre à accepter les choses, sans se résigner. Pour quelqu'un comme moi, qui ai tendance à me révolter, à militer, ça n'est pas évident. De manière très pratique, la méditation m'aide, par exemple, à vivre avec la colère que je ressens depuis 2014 face à une situation personnelle difficile (je m'expliquerai un jour dans un article détaillé, c'est promis). Elle a donc un côté très terre à terre, utile, au jour le jour.

A l'heure actuelle, je suis donc encore loin de contempler l'illusion du "soi" que décrit Sam Harris et bien d'autres. J'ai l'impression d'être un éternel débutant.

En 2016, je compte donc pratiquer la méditation largement telle que je l'ai déjà pratiquée ces trois dernières années, en essayant d'être plus régulier (cinq sessions par semaine) et, si j'y parviens, en effectuant quelques sessions plus longues (une heure, voire plus).