Je réitère mon expérience d'il y a deux mois, à savoir publier sur mon blog un email que j'ai écrit récemment. Il s'agit cette fois-ci d'une réaction à l'article "Le paysan qui tue ses bœufs les yeux dans les yeux" (Le Temps, 8 août 2016) :

"Je ne sais pas si ce cas est très éclairant. Il me semble au contraire plutôt anecdotique. Au pire, il laisse même planer l'idée qu'il serait possible de continuer à produire de la viande tel qu'on le fait actuellement de manière humaine. Ce qui me semble impossible. En l'absence de viande artificielle, seule une diminution de la production permettrait un traitement "humain" des animaux.


On ne peut en tout cas pas reprocher à ce M. Müller d'être hypocrite. Il est conscient de la face obscure de l'industrie de la viande. Et il est clair d'un point de vue éthique qu'il vaut mieux un animal abattu comme il le fait que dans les abattoirs traditionnels.


Je trouve dommage qu'il semble victime de confusion quant à ce qu'est vraiment l'antispécisme : il ne s'agit pas de prétendre que les êtres humains et les autres animaux sont égaux, mais de reconnaître plus de droits et, en particulier, le droit à la vie, aux animaux. De même, lorsque l'on parle de donner plus de droits aux femmes, aux homosexuels ou à toute autre minorité, cela ne revient pas à nier les différences entre les individus, qu'elles soient biologiques ou autres.


Il semble être aussi confus quant à ce qu'un monde sans production de viande signifierait du point de vue de l'écologie. Le fait de dire sans autres précisions que la production des légumes/céréales a aussi un impact écologique est une analyse parfaitement incomplète des choses. Une grande partie de la production des légumes/céréales sert déjà à alimenter les animaux...


Bref, d'un point de vue rationnel, son point de vue est simpliste et incomplet.


Et, au final, j'ai de la peine à me débarrasser de l'idée que quelqu'un qui est capable de tuer un être conscient "les yeux dans les yeux" a une dimension fondamentalement psychopathique."