Je me faisais la remarque, récemment, en regardant la liste des livres que j'ai lus en 2019, que je ne lis pas énormément de fiction. C'est pourtant quelque chose que j'aimerais faire plus, mais, naturellement, j'ai plutôt tendance à lire des essais ou des ouvrages de vulgarisation.

Je réalise progressivement que cette tendance est due à l'idée, peut-être inconsciente, que la littérature non fictionnelle cache une promesse, celle de permettre au lecteur d'apprendre quelque chose, de découvrir de nouvelles idées et, au final, de devenir une personne un peu meilleure. C'est particulièrement flagrant avec les livres de développement personnel (self-help, en anglais), mais il me semble que cette promesse est presque toujours là, implicitement, qu'il s'agisse d'un ouvrage de psychologie, de philosophie ou d'une biographie. Voire d'un livre de recettes de cuisine.

Du coup, il y a presque quelque chose de l'ordre de l'addiction. Et si ce livre-là, le prochain que je vais lire, me permettait de développer ma compassion envers les autres ? Ou d'améliorer ma santé ? Ou de devenir un meilleur ingénieur ? Un meilleur père ?

Je m'étais donné comme but il y a plusieurs années de lire en tout cas un "classique" chaque année (quelle que soit la définition que l'on donne à ce mot). Il y a quelques temps, j'ai à nouveau réalisé avec frustration que c'est beaucoup trop peu. J'ai vraiment envie d'être plus ambitieux.

Le problème, c'est que les classiques sont souvent longs à lire. La plupart des livres que je lis font peut-être 150-300 pages, rarement plus. Les classiques peuvent en faire 900 ou 1000, facilement.

Un autre problème, c'est que les livres non fictionnels peuvent être résumés. Et j'aurais tendance à dire qu'ils peuvent souvent l'être sans grande perte. Je n'ai pour l'instant lu qu'un seul résumé de livre (Summary: The 4-Hour Body, un résumé de The 4-Hour Body de Tim Ferriss), mais je pourrais être tenté d'utiliser un service tel que Blinkist à l'avenir. Pour un livre de fiction, au contraire, lire un résumé au lieu de l'oeuvre complète n'a aucun sens.

Pour les films, j'arrive pour l'instant facilement à regarder 2-3 "classiques" par mois, donc 25-30 par année. En dix ans, j'arriverai donc à regarder un nombre raisonnable de ces films. Disons 200-300 environ. C'est déjà pas mal.

Pour les livres, comme dit, c'est beaucoup plus problématique, mais j'ai tout de même envie de faire un effort. Concrètement, je vais viser dans un premier temps les classiques qui se trouvent au moins sur plusieurs listes de livres considérés comme des classiques.

Mais quelles listes ?

Rapidement, j'en trouve plusieurs :

Littérature française, point de vue français, vingtième siècle : ces listes sont quelque peu biaisées. Si l'on va voir du côté de Goodreads, c'est le biais anglo-saxon qui ressort, cette fois-ci. C'est un phénomène qu'on retrouve beaucoup moins quand on regarde des listes similaires pour les films.

En dehors de la liste établie par le Cercle norvégien du livre, il semblerait donc qu'il faille "choisir son camp". Etant de langue maternelle française, je favoriserais donc plutôt un point de vue francophone. Par contre, il me paraît inutilement contraignant de s'en tenir à la littérature du vingtième siècle, aussi riche soit-elle.

Et puisqu'on parle de langue : en dehors du français et de l'anglais, je devrai me contenter de traductions. Même pour l'allemand, que j'ai pourtant étudié durant des années. Or, une bonne traduction, c'est chose plutôt rare, si j'en crois les arguments convaincants de Milan Kundera. Il faudra donc que j'accorde une attention toute particulière à ce point.

Pour ce qui est de la longueur des livres et pour ne pas me décourager en enchaînant des pavés, il me semble sain d'alterner des livres plutôt longs et des livres plutôt courts. Le site Reading Length donne des approximations pour ce qui est du nombre de mots et du temps de lecture d'un livre. Pour les films, c'est un critère que je n'ai pas besoin de prendre en compte, puisque la plupart des films durent entre 90 et 180 minutes, rarement plus.

Voilà pour la théorie. On verra ce que ça donne en pratique !