J'ai toujours cherché à intégrer l'exercice physique dans mon quotidien, avec plus ou moins de bonheur.

Il y a 15-20 ans, j'essayais d'aller au fitness régulièrement. Je pouvais me le permettre : célibataire, je pouvais quitter le travail le soir et passer plusieurs heures à m'entraîner. Une fois en couple, il m'a été un peu plus difficile de maintenir ce rythme.

Il y a une dizaine d'année, j'ai donc acheté un crosstrainer, me permettant de m'entraîner à la maison. C'est l'un des meilleurs achats de ma vie : je m'en sers encore régulièrement aujourd'hui.

Il y a quelques années, j'ai recommencé à faire des exercices de musculation : pompes, planches, puis squats et autres. Nouvel avantage : ces exercices ne nécessitent quasiment aucun matériel et peuvent donc être pratiqués n'importe où.

L'automne passé, je me suis mis à la course à pied. Il faut un peu de matériel (au moins des chaussures adaptées) et, à moins d'être très motivé, une météo favorable, mais, à nouveau, c'est un exercice assez spontané, surtout en ces temps de pandémie, avec le travail à domicile qui permet une plus grande souplesse quant à l'organisation des journées de travail.

En début d'année, j'ai acheté une Apple Watch. Durant plus de cinq ans, je n'ai jamais vu l'intérêt des smartwatches, car j'essayais de leur trouver une utilité en dehors, justement, du suivi de l'activité physique. Or, c'est là qu'elles excellent. Je n'ai jamais autant bougé depuis plusieurs mois. Et, surtout, je n'ai jamais autant marché, le soir, de nuit, parfois sous la neige ou sous la pluie. Le concept, relativement simple, des trois anneaux "Bouger" (Move), "M’entraîner" (Exercise) et "Me lever" (Stand) force à trouver des stratégies pour intégrer l'exercice physique au quotidien.

Je prends du coup conscience que, malgré tous mes efforts depuis vingt ans bientôt, j'ai toujours de la peine à bouger tout au long de mes journées et de mes semaines. J'ai encore trop tendance à voir le sport comme une activité à part, pour laquelle il faut se préparer, réserver du temps, etc. Je me rends compte maintenant que cela m'a mené à certains blocages psychologiques.

Il y a aussi eu une petite blessure au genou, l'automne passé, suite à laquelle j'ai fait neuf sessions de physiothérapie, qui m'ont vraiment beaucoup aidé : à regagner une certaine confiance en moi, tout d'abord, sans laquelle j'aurais plutôt eu tendance à rester immobile, et à me familiariser ensuite avec toute une série d'exercices pour entraîner et muscler mes jambes, exercices que je continue à pratiquer au quotidien, profitant de pauses que je fais durant le travail.

La pandémie et le travail à domicile ont d'ailleurs remis en question mon lien à mon activité professionnelle. Ne plus avoir à sortir de chez soi pour aller travailler, d'un côté, c'est moins bouger, moins marcher. D'un autre côté, c'est aussi plus de temps à disposition dans la journée.

Il y a quelques temps, j'ai commencé à réfléchir à comment je pouvais bouger plus spécifiquement dans le contexte de mon travail. Ma première idée a été celle d'un bureau surélevé et d'un tapis roulant, mais cela exige pas mal de matériel (et je ne suis pas sûr que les tapis roulants d'entrée de gamme soient de très bonne qualité).

Ma deuxième idée à été de me promener lors de certains Zoom, en particulier ceux qui n'exigent pas que j'aie accès à mon laptop. C'est ainsi que j'ai commencé à faire les points hebdomadaires avec mon équipe en marchant dehors, durant une heure ou plus. Nous faisons parfois des points plus spécifiques avec certaines personnes suite au Zoom principal. Il m'est donc arrivé de parcourir jusqu'à dix kilomètres en à peu près deux heures !

Pour mes meetings hebdomadaires, je prépare un document Google Docs avec les points que je vais aborder. Je peux ensuite facilement le consulter sur mon smartphone. C'est de toute façon quelque chose que je faisais déjà avant. Je capture certaines idées/tâches via mon processus GTD habituel : à l'heure actuelle, j'envoie simplement ces tâches dans mon inbox Omnifocus via l'app Note to Self. Il est rare que j'aie besoin de faire autre chose. S'il me manque une information, je peux la chercher et la donner un peu plus tard.

Le bilan est pour l'instant positif. Je n'ai pas de problème pour me concentrer. Au contraire, marcher semble stimuler l'activité intellectuelle, comme je m'en suis déjà souvent rendu compte lors de mes randonnées. Je me sens également bien mieux le reste de la journée.

Du côté des points négatifs, je dois souvent couper le son lorsque je ne parle pas pour ne pas gêner les autres avec mon éventuelle respiration un peu plus forte ou lorsque je passe dans des endroits plus bruyants. Lorsque je parle, je dois donc ralentir un peu mon rythme de marche. C'est tout un équilibre à acquérir. Rien de sorcier, toutefois. Pour des raisons pratiques, je coupe la caméra de mon côté. L'expérience est donc peut-être un peu moins conviviale, mais nous avons d'autres occasions de nous voir. Enfin, je me demande si l'expérience sera toujours aussi agréable lors du retour des grandes chaleurs.

Reste à voir si c'est une habitude qui durera, comme a duré celle du crosstrainer. L'avenir me le dira.