Il y a deux ans et demi, j'avais déjà écrit à propos du temps que je consacre à l'écoute des podcasts. Le temps : c'est un thème très récurrent dans ma vie ces dernières années. Je ne veux pas (trop) radoter, mais j'aimerais faire le point sur ce sujet.

Peu de choses ont en fait changé quant aux podcasts que j'écoute. Je me permets un peu plus souvent de sauter des épisodes. Si le sujet paraît vraiment inintéressant, c'est facile. Parfois, c'est plus difficile. C'est un peu comme arrêter la lecture d'un livre plus décevant que prévu : on se demande toujours s'il y a un espoir que ça devienne plus intéressant par la suite...

Malgré cela, j'écoute à peu près toujours les mêmes podcasts depuis des années : le podcast de Sam Harris, Very Bad Wizards et Peach and Black. J'ai dû malheureusement arrêter Daniel and Jorge Explain the Universe par manque de temps. L'astronomie/astrophysique est pourtant un sujet qui m'a toujours passionné. Dommage, mais il faut faire des choix. Il m'est arrivé ponctuellement d'écouter des épisodes de The Tim Ferriss Show. Je n'arrive pas à suivre régulièrement son podcast, en partie par manque de temps, mais aussi parce que la quantité de publicités que Tim nous assène m'exaspère toujours autant. J'ai également écouté la première saison de The Happiness Lab, qui est une extension, en quelque sorte, du cours Coursera The Science of Well-Being de Laurie Santos. Enfin, j'écoute aussi certains épisodes de The Peter Attia Drive Podcast, un podcast un peu plus pointu ("ultra-deep-dive podcast focusing on maximizing health, longevity, critical thinking… and a few other things").

L'évolution du podcast de Sam Harris est assez surprenante. Dès les premières années (2014-15), on pouvait constater que c'était une activité un peu expérimentale pour Sam, qui, après avoir passé des années à écrire des livres et des articles, essayait, en gros, d'avoir des discussions constructives avec différentes personnes, parfois avec qui il n'était pas du tout d'accord, souvent sur des sujets sensibles (religion, etc.). Une approche assez inhabituelle, donc, alors que la plupart des podcasts misent sur des interviews plus traditionnelles ou, en tout cas, sur des discussions beaucoup plus sereines.

Avec le temps, il y a eu quelques épisodes particulièrement mauvais, puis quelque chose a changé. Je ne sais pas exactement quoi, mais le podcast de Sam a perdu quelque chose. Une sorte d'étincelle. Les discussions sont peut-être devenues un peu répétitives. En parallèle, Sam a sorti son application de méditation, dans laquelle sont inclues des leçons, qui sont en fait des interviews avec des personnes spécifiquement autour du thème de la méditation. Une sorte de podcast parallèle, plus spécialisé.

Récemment, Sam a rendu son podcast payant et cela fait plusieurs épisodes qu'il essaie une forme plus spontanée, en l'occurrence des discussions moins formelles avec Paul Bloom. C'est assez plaisant, mais je ne sais pas si c'est une formule qui peut fonctionner sur le long terme.

Bref, je suis toujours le podcast de Sam Harris, malgré les accidents de parcours et les changements parfois étonnants, mais j'apprécie aussi le fait qu'il se concentre plus sur un sujet qu'il connaît bien, la méditation, dans son application.

Question temps, j'écoute toujours mes podcasts dans ma voiture entre la maison et le travail. Comme je travaille à 80%, cela me laisse quatre jours à disposition. Deux de ces jours correspondent aux jours de crèche de mon fils. Notre crèche est pour l'instant juste à côté de mon travail, donc je n'écoute pas forcément autant mes podcasts ces jours-là. C'est au final au maximum deux heures et demie par semaine que je peux consacrer aux podcasts. Ça n'est pas énorme, mais je n'ai pas envie de dégager plus de temps pour cette activité. Au contraire, je serais plutôt tenté de la remplacer par l'écoute de livres audio, voire de musique.

Parce qu'il y a quand même un problème, avec les podcasts, c'est celui de la densité informationnelle. Il y a des podcasts très produits, mais la plupart sont basés sur des discussions, souvent des interviews. L'approche est donc assez différente par rapport à un livre ou un article, qu'un auteur va en général construire autour d'un plan très précis et qu'il peut écrire et ré-écrire à volonté. Un cas illustrant parfaitement ce que je veux dire est le podcast de Joe Rogan, dont les épisodes, peu produits, très bruts, peuvent facilement dépasser les quatre heures. Et cela reste un problème, même avec une lecture rapide (je dépasse rarement les 1.25-1.50x), avec silences abrégés, etc.

En résumé :